Des responsables palestiniens et des représentants de la société civile à Hébron ont fermement condamné la décision du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, d’annuler plusieurs dispositions liées à la gestion de la ville. Ils considèrent cette mesure comme une nouvelle escalade visant à renforcer le contrôle israélien sur l’une des zones les plus sensibles sur les plans politique, religieux et historique de la Cisjordanie occupée.
Le gouverneur d’Hébron, Khaled Dudin, a affirmé que cette décision n’aurait aucune incidence sur l’identité ni sur le statut juridique de la ville, soulignant qu’Hébron demeure un territoire palestinien occupé au regard du droit international. Il a rappelé que la vieille ville historique ainsi que la mosquée Ibrahimi bénéficient d’une reconnaissance patrimoniale internationale et occupent une place centrale dans la vie culturelle, religieuse et nationale palestinienne.
Ces déclarations interviennent dans un contexte d’inquiétudes croissantes face aux tentatives visant à réduire le rôle des institutions palestiniennes locales dans l’administration de certaines parties de la ville. Lors d’une réunion d’urgence organisée à la municipalité d’Hébron, des responsables politiques, des représentants de la société civile, des chefs tribaux et des organisations communautaires ont affiché un front uni contre ces mesures. Les participants ont exprimé leur soutien à des initiatives juridiques, diplomatiques et populaires destinées à contester toute atteinte à la vieille ville et à la mosquée Ibrahimi, que de nombreux habitants considèrent comme faisant partie d’une politique plus large visant à modifier le caractère historique et démographique de la région.
Le ministre palestinien des Affaires religieuses, Mohammad Najem, a estimé que les pressions exercées sur Hébron ne constituent pas un phénomène isolé, mais s’inscrivent dans une stratégie de longue date ciblant une ville considérée comme un symbole de l’identité religieuse, historique et nationale palestinienne. Il a appelé à une coordination renforcée entre les institutions officielles et les communautés locales afin de protéger la mosquée Ibrahimi, que les Palestiniens considèrent comme une composante essentielle de leur patrimoine.
Les participants à la réunion ont également demandé une implication internationale plus active, notamment de la part de l’UNESCO et d’autres organisations internationales. Ils ont appelé à un soutien accru aux habitants et aux commerçants de la vieille ville, à une couverture médiatique plus large des événements à Hébron et à une présence populaire renforcée sur les sites religieux et historiques en réponse aux dernières mesures israéliennes.
Source : Safa News