Jibril al-Safadi raconte une détention qui a commencé à Khan Younès en mars 2025 et s’est achevée par la perte de ses deux jambes. Selon son récit, il a été arrêté par les forces israéliennes puis transféré dans un chalet réquisitionné dans la zone d’Asdaa, où des dizaines de détenus étaient entassés dans des conditions de surpopulation. Les interrogatoires auraient débuté immédiatement, dans un couloir étroit.
Il explique que les questions ont rapidement laissé place à des violences, après qu’il n’a pas été en mesure de fournir les informations exigées. Il évoque des passages à tabac répétés, jusqu’à perdre connaissance, ainsi que des cris provenant de pièces voisines, suggérant que d’autres détenus subissaient des traitements similaires. Au fil des jours, son état se serait fortement dégradé, avec des douleurs croissantes aux jambes et l’absence de soins médicaux malgré ses demandes.
Son état aurait atteint un stade critique après une perte de connaissance accompagnée d’une forte fièvre. À son réveil, il saignait abondamment. Alertés, d’autres détenus auraient appelé à l’aide, ce qui a conduit à son transfert vers un centre de détention puis vers une clinique. Il affirme n’avoir reçu qu’un traitement limité avant d’être transféré dans un hôpital pénitentiaire, où il serait resté attaché à son lit.
C’est là, selon son témoignage, qu’un médecin militaire lui aurait annoncé que l’amputation des deux jambes était nécessaire pour arrêter l’hémorragie. L’intervention a marqué un tournant dans son épreuve, sans pour autant améliorer ses conditions de traitement. Il évoque la poursuite de mauvais traitements malgré la gravité de son état.
Libéré par la suite sans ses jambes, Jibril al-Safadi porte aujourd’hui des séquelles physiques et psychologiques durables. Son témoignage met en lumière la réalité de certaines conditions de détention, où la libération ne signifie pas nécessairement la fin de l’épreuve, mais le début d’un long combat pour survivre aux conséquences.
Source : Safa News